Vieille question ! Aujourd'hui, la tendance est à "l'intégration". La plupart des offres nous promettent d'adapter les traditions et les pratiques à notre vie, plutôt que l'inverse. Mais est-il vraiment possible de progresser en pratiquant seulement dans la vie quotidienne ? Dans les courants non dualistes, ou qui s'en approchent, la tension a toujours existé entre le choix d'une pratique dans le monde, avec une famille, un travail, etc. et, d'autre part, une vie retirée, entièrement donnée à la pratique. Parmi les partisans de la retraite longue ou à vie, il y a le Védânta, le Dzogchen, Mahâmudrâ et les ordres monastiques catholiques. Parmi les partisans d'une vie spirituelle dans le monde, il y a le Yogavâsishta, le tantrisme non dualiste en général, les tiers-ordres catholiques et la Reconnaissance (Pratyabhijnâ). Or, en contexte non dualiste, ce questionnement est réellement pertinent : si tout est "enveloppé" dans l'essentiel (Dieu, la conscience, l'espace de la conscience, le jeu divin...), alors la pratique ne doit-elle pas, elle aussi, "envelopper" ou embrasser toutes les activités quotidiennes ? Voilà pourquoi plusieurs sages de ces courants non duels ne donnent que peu d'importance aux rituels, au yoga et à la méditation. Ainsi, Outpaladéva peut-il chanter : "En ce chemin sans artifices - chemin de Dieu - nul besoin de yoga, ni d'ascèse, ni de cérémonies : seul compte l'amour" (Hymnes I, 18) "Amour" (bhakti) désigne ici l'acte de reconnaître (pratyabhijnâ) chaque acte comme une branche vivante de l'Acte divin créateur. Ainsi, amour et connaissance bien compris font de la vie quotidienne le temple où l'adepte s'avance jour après jour vers le Sanctuaire, à la fois toujours déjà atteint et jamais gagné. Dans l'approche conciliante de ce maître exceptionnel que fut Outpaladéva, mystique et philosophie sont les deux faces d'une même intimité avec l'Autre, une proximité si intense qu'elle rend inutile tout autre pratique. Dans ce cas, une retraite longue, une vie retirée, semblent inutile. "Seul compte l'amour"... Mais peut-on réellement progresser sans des retraites longues et rigoureuses ? Cela me semble indispensable. D'une manière ou d'une autre, c'est un passage obligé de la vie intérieure. Celle-ci, en effet, comporte deux volets : 1) reconnaître l'Essence (notre vrai visage, le silence intérieur, la présence de Dieu...) 2) stabiliser cette reconnaissance afin qu'elle devienne continuelle. Sans ce second volet, on plonge, on boit, mais on ressort (ou on retombe) frustré, avec un indéniable sentiment de gâchis. Or, comment "stabiliser" sans une pratique elle-même stable ? Outpaladéva et certains maîtres dzogchen prônent les "micro-pratiques", brèves mais répétées souvent. C'est sûrement une bonne manière de débuter. Mais, sur le long terme, le pratiquant va se heurter à un mur : celui des distractions quotidiennes. S'il ne stabilise pas sa méditation dans le cadre plus favorable d'une retraite, comment pourrait-il espérer y parvenir dans les turbulences de ce monde ? De fait, même si "tout est divin", seule la pratique la plus intense possible permet de vivre cela. Et ceci est vrai aussi bien pour l'expérience que pour la compréhension. Cette dernière ne peut s'épanouir que dans le cadre d'une méditation recueillie. Même si, disons, j'étudie le Védânta, et même si j'en capte certains points, cela ne prendra racine que si je m'y donne avec une pleine concentration. Bref, on peut prendre la question par tous les bouts, la conclusion reste identique : même si tout est suspendu à la grâce, même si toujours est toujours déjà accompli, il faut pratiquer le plus possible, exercer la concentration, nourrir la compréhension, raviver continuellement le feu de l'adoration. - Artículo*: noreply@blogger.com (Dubois David) - Más info en psico@mijasnatural.com / 607725547 MENADEL Psicología Clínica y Transpersonal Tradicional (Pneumatología) en Mijas y Fuengirola, MIJAS NATURAL *No suscribimos necesariamente las opiniones o artículos aquí enlazados
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