Cette Revue fut fondée en mai 1904 et disparut en 1907 I) La notion de « banquet »: En arabe, le mot « nâd/in » signifie « cercle » et en arabe moderne: « club », alors que « convito » renvoie à la notion de « banquet ». Ce thème du banquet est très ancien puisqu'il remonte à Dionysos, appelé un peu trop rapidement par les hellénistes modernes le « dieu de la fête et du vin ». Même Daniélou rapproche la racine « nysos » de l'allemand « ge-niessen » (jouir ) et du nom originel de la ville de Nice (Nizza, et non pas Nikaia, selon lui !) Cette interprétation est trop réductrice comme nous le verrons ci-après. On trouve plus tard le dialogue de Platon (le banquet), dont le thème dérive du dieu grec Iakchos, prononcé « Yanchos » et dont les Romains feront « Bacchus », d'où dérive directement notre mot « banquet », apparenté avec la racine indo-européenne « Bank » et la le mot grec « bagma », qui signifie « discours » . Enfin, il y a le banquet « divin » de la Cène du Christ avec les 12 Apôtres . Ce rapprochement se justifie par le fait que dans ces 3 exemples, il y a un thème commun : le Vin. Ce vin, c'est celui de la « Khamriya » (Eloge du Vin) du grand Poète ésotérique 'Omar ibn al-Fârid : « charibnâ 'alâ dhikri l-habîbi mudâmmatan « sakarnâ bi-ha min qablu an yukhlaqa-l-karm.(i) (Nous avons bu un vin en invoquant l'Ami Nous nous en sommes enivrés [bien] avant la création de la vigne). . (1) Comme le dit l'auteur de la note en arabe : « C'est le vin de l'Amour divin que les élus boiront au jour du Pacte (mîthâq) ». Les 3 premiers Banquets cités sont effectifs , alors que les 3 suivants sont littéraires : - le « banquet « de Dante, texte écrit vers 1304 - le « banquet » de Marcel Ficin (1443-1499), maître de l'Ecole platonicienne de Florence. - et enfin, « il-convito », fondé par Aguéli et Insabato en 1904. On remarquera les concidences numérologique suivantes : Il-Convivio :1304 1904: il-Convito arrestation des Templiers:1307 : 1907:fin de la revue li- Convito fin de l'Ordre du Temple:1314 1917 :cessation de la fonction d'Aguéli (même dès 1913) décès de Dante :1321 1921: découverte du sens ésotérique de l'oeuvre de Dante (2) (2) par Arturo Reghini (a) ; mais Guénon ne tardera pas à donner le point de vue ésotérique en 1925, soit 604 ans après le décès de Dante . (a)dans l'article :"L'allegoria esotérica de Dante - sept./nov. 1921 - cité par RG, dans AS &PT, p.106) Chaque fois, on retrouve le nombre 600/604 ans (3); ce n'est pas un hasard :Guénon avait écrit dans le Voile d'isis de février 1929 : « ...il était prévu que le secret devait être gardé pendant six siècles (le Naros chaldéen);... » (3) Pour les curieux de numérologie, nous signalons qu'entre la date de naissance de Dante et celle d'Aguéli (dont un des pseudonymes était « Dante »!(a) - il y a exactement 604 ans ! (a) cf. ici notre étude sur les "Pseudonymes d'Aguéli" La notion de Cène, de Table servie, liée à un rite initiatique n'est pas absente de l'Islam, si l'on comprend le sens ésotérique de la sourate V ( al-Mâ'ida = la Table servie) II) La REVUE : Le premier n° paraît le 22 mai 1904; la revue est hebdomadaire, ce qui dénote l'ambition des fondateurs (Insabato pour les fonds et Aguéli pour toute la partie intellectuelle.) De 4 pages , la revue passe à 8 pages et, à partir de ANNO IV, serie 2 , n°1 – soit au début 1907 -, elle devient mensuelle . (pour plus de précisions, voir l'addendum de Henrik Samuel Nyberg, traduit par nos soins et publié ici, en 2015). En fait il y en a 2 versions ,une en arabe et une autre en italien, qui ne coincident pas entièrement . IL y avait aussi des articles en turc. On mesurera le tour de force d'Aguéli écrivant directement en italien et surtout traduisant en italien des textes arabes d'Ibn 'Arabi, alors qu'il était suédois, c'est à dire une langue aux antipodes de l'italien et de l'arabe ! Parmi les rédacteurs, il y a évidemment Aguéli qui signe « Dante » dès le n° 4 du 19/6/1904; dans le n°7, il signera déjà Abdul-Hadi al-Maghrabi ( « I Enemici del 'Islam »), al-Maghrabi étant le titre du Cheykh Elish el-Kebir. Insabato signe de son nom une série d'articles dans les n° 12, 13 et 14 sur « L'islamismo in Cina »; mais l'on sait par des lettres d'Aguéli qu'il lui devait beaucoup, étant plus directeur que rédacteur. Il y a aussi un certain Sultan Saïd Salim Abdallah , venu des Comores, qui voulait traduire E.Hello, Léon Bloy et M-C Emmerich (!) en arabe , pendant qu' Aguéli envisageait sérieusement de traduire Rabelais en arabe ! On imagine la difficulté , mais aussi l'étendue de la culture ésotérique d' Aguéli (RG , à la suite d'Aguéli, considérait Rabelais comme un initié). Enfin, il y eut un rédacteur éphèmère et inattendu (Jean Roth ) sur lequel nous reviendrons plus tard et plus longuement. Il y eut bien d'autres « pigistes » occasionnels sans grand intérêt dont un certain « Foursaddan »(?), des « proffessore » et quelques tentatives d'entrisme d'ennemis de la revue et des pseudo-islamistes du genre du Prince Caetano (1869-1935), avec son énorme Encyclopédie (« Annali del 'Islam), recensée dès octobre 1904. Bien entendu , il n'est jamais question de Dupré, cité par certains comme un grand ami d'Aguéli et prétendant avoir été avec lui au Caire pendant 12 ans, de 1903 à 1915, alors qu'Aguéli avait quitté l'Egypte dès oct. 1909. Que voilà un témoin fiable! (cf. l'introduction d'un certain G.Rocca aux Ecrits sur la Gnose /Arche Milano, 1988, qui est un tissu d'erreurs savamment distillées, écrivions -nous dans VLT, n°72 /1998). La revue succomba aux attaques de ses ennemis, selon des lettres d'Aguéli à mme Huot et à sa mère, parmi lesquels il compte les Jésuites, les missionnaires, les maçons, sans parler des agents de l'Angleterre, de l'Allemagne et même des Turcs conspirant contre leur Empire (cf. notre étude à suivre sur : «AGUELI, AGENT SECRET). Insabato, avouant sa traîtrise, laissera Aguéli en plan, avec une revue inachevée (déc. 1907) et des menaces pour sa sécurité : il se sauvera lâchement en Italie auprès de ses chefs, dont le Premier ministre Giolitti.. Aguéli dira dans une lettre de 1909: « on a failli nous faire couper la tête.. » Comme le fera remarquer Michel Vâlsan : à partir de 1907, la revue prend une orientation traditionnelle, avec la publication et la traduction de textes d'Ibn 'Arabi, alors qu'avant Il-Convito faisait plutôt figure de revue « engagée », militante et se bornant surtout à un point de vue politique et culturel arabo-islamique, ce qui intéressait évidemment Enrico Insabato (qui l'avait fondée pour cela) (a), mais ne pouvait suffire à contenter un authentique initié comme Aguéli,devenu entre-temps « Cheykh 'abdul-Hadi al-Maghribi 'Aqili (ou : »'Uqayli ») (a) encore que le « Direttore(et « Dottore ») ait eu cette formule énigmatique dans l'éditorial de 1907 (Anno IV – serie II -n°1): »Noi vogliamo aprire una nouva era evocando gli angeli e si buoni spiriti di questi due astri [Mercurio e Venere] » (allusion aux 2 articles d'Aguéli ?) III Suite des ENIGMES dans la VIE d'AGUELI : « l'AFFAIRE » JEAN ORTH Revenons au texte si précieux d'Axel Gauffin (t.II, chap. 4) : « Dans la lettre qu'il m'adressa , M.Georges Rémond [Directeur du Service des Beaux-arts au Caire] présente une galerie de portraits... » (Il cite les différents rédacteurs – voir ci-dessus) .. « mais le nom le plus extraordinaire dans la lettre de M. Rémond est celui de 'Jean Orth, grand Duc de Toscane'. » Dans le Gotha nordique, nous indique M. Gauffin, il y a une notice biographique consacrée à : Johann Nepomuk Salvator, également Prince de Toscane, fils cadet du Grand Duc Léopold II de Toscane, né le 25 novembre 1852 à Florence...Johann renonça en 1889 à tous ses titres et prit le nom de Johann ORTH (d'après le château d'Orth près de Gmunden. Il arma ensuite un navire de commerce (la « Margharita ») mais périt en 1889 lors d'un naufrage sur une côte méridionale d'Amérique du Sud...Il aurait survécu et aurait été reconnu dans différents pays. Cette notice a été imprimée le 14 mars 1910 ... [mais] l'année 1891 est considérée comme la date officielle de sa mort» (*).Gauffin poursuit : « on doit qualifier de nouvelle sensationnelle le fait que, 14 ans plus tard, (1905) feu le grand Duc réapparaissait comme collaborateur d'un journal arabo-italien, imprimé au Caire et rédigé par un artiste suédois converti à l'Islam . J'avais certes déjà vu le nom de Johann Orth figurer dans une lettre d'Aguéli adressée à Mme Huot, mais je dois avouer, tant l'affaire paraissait étrange – pour dire le moins – que la confirmation par un haut et respecté fonctionnaire français était particulièrement opportune. Johann Nepomuk Salvator alias Johann ORTH Au moment où nous relisions ce passage, paraissait un ouvrage de Gérard de Sède (« Rennes-le-Chateau » / Le Dossier , les impostures, les phantaisies, les hypothèses.- Laffont, janvier 1989) , nous fûmes frappé par la coincidence des noms et nous écrivîmes la note suivante : « Dans son dernier ouvrage sur l'affaire de Rennes-le-Chateau, qui a fait couler tellement d'encre depuis 20 ans, et qu'il avait contribué lui-même à lancer, Gérard de Sède apporte d'autres précisions, mais aussi des complications, voire des invraisemblances, comme à son habitude, sur ce Jean Salvator, archiduc et neveu de François-Joseph d'Autriche, qui aurait eu un double en la personne d'un deuxième « Jean Orth », né celui-ci le 10 déc. 1858 et mort assassiné en Egypte(**). On se demande alors, si ces renseignements sont sérieux, à quel Jean Orth on a affaire dans l'équipe rédactionnelle d'Il-Convito. Mais ceci montre de nouveau un aspect inattendu et sensationnel des relations d'Ivan Aguéli avec tout un monde énigmatique. - Nous aurions pu faire part à M.de Sède de cette référence suédoise mais, le connaissant comme un manipulateur ' manipulé', nous préférâmes nous en abstenir ; Quelle exploitation en aurait-il faite ? Toujours est-il qu'il y a bien eu , d'après nos recherches ultérieures, un 2è Jean Orth qui a effectivement collaboré à Il-Convito. En tout cas, aucun n° ne mentionne le nom de Jean Orth jusqu'en 1905, et ,curieusement, il manque, à Stockholm l'année 1906 , à moins qu'il n'ait écrit sous un pseudonyme, ce qui est encore possible, car sa vie était menacée (il finira assassiné en plein centre du Caire, le 23/12/1921 à l'âge de 62 ans, selon son fils - Editions du Mont Blanc – 1974) Toute cette affaire rappelle fâcheusement la prétendue survivance de Louis XVII sous le nom de Naundorff (les tests ADN récents ont prouvé l'imposture de cette pseudo-dynastie). (*) Cette date intéresse beaucoup les occultistes ! (**) Explication ingénieuse de G.de Sède : « (ce 2è Jean Orth) fut déclaré mort le jour même et élevé en secret au Luxembourg dans une famille du nom de Orth qui le fit passer pour son fils. Pourquoi cette romanesque substitution d'identité? Tout simplement pour des raisons dynastiques » - C'est pourquoi , en janvier 1975, nous dit de Sède, l'archiduc Rodolphe ,6è enfant du dernier Empereur d'Autriche-Hongrie se serait rendu à Carcassonne pour s'entretenir de l'affaire Béranger Saunière avec des gens avertis (nous sommes obligé de simplifier, l'affaire étant assez obscure, mais nous y reviendrons dans une annexe plus complète A suivre - Artículo*: Yahya De Kuyper - Más info en psico@mijasnatural.com / 607725547 MENADEL Psicología Clínica y Transpersonal Tradicional (Pneumatología) en Mijas y Fuengirola, MIJAS NATURAL *No suscribimos necesariamente las opiniones o artículos aquí enlazados
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