Texte Schémas Cet article vient clore la série de trois études consacrées au « chaos planétaire ». Un premier article, « Au seuil du chaos planétaire », traite de l'année 2010, sous l'angle d'une étude à la fois astrologique et géopolitique. Un second article, « Le chaos planétaire 2010-2015 », offre une analyse des mouvements planétaires durant les deux phases du carré Uranus-Pluton (2008-2017) et du semi-carré Uranus-Neptune (2017-2021). Ce troisième article, de nature cyclologique, situe la conjoncture actuelle dans le cadre d'une involution cyclique proche de son terme. Je ne cesse de regarder l'avenir par-dessus la douleur présente, et cette vision me fait tressaillir de joie. – Léon Bloy Au regard de la cyclologie traditionnelle, les cycles lents qui constituent la base de l'astrologie mondiale apparaissent comme les aiguilles d'une horloge qui indique les heures et les minutes. Tous les cinq siècles environ, comme l'avait montré jadis Claude Ganeau, une doriphorie se présente dans un même secteur du zodiaque à la suite d'une conjonction Neptune-Pluton. De telles doriphories sont constituées par l'interférence de Saturne sur la conjonction Uranus-Neptune subséquente à une conjonction Neptune-Pluton. Durant le dernier millénaire, le cas s'est produit en 984 (après la conjonction Neptune-Pluton de 905), en 1486 (après la conjonction Neptune-Pluton de 1398) et en 1989 (après la conjonction Neptune-Pluton de 1891). Les conjonctions Saturne-Neptune, au cœur de ces doriphories, ont progressé d'un signe tous les cinq siècles, passant par le Scorpion, le Sagittaire et le Capricorne. Quant aux conjonctions Neptune-Pluton, depuis celle de 1398 - qui ouvre les Temps modernes avec le Quattrocento italien - elles se produisent dans le signe des Gémeaux, celle de 1891, à 8° Gémeaux, transitant sur la position d'Uranus dans le thème des États-Unis. Ces cycles récurrents de 498 ans constituent comme une journée de 24 heures qui durent chacune une vingtaine d'années. Mais pour juger de la qualité des temps, dans le déroulement de l'Histoire, il faut encore se situer dans le cadre du mois et de l'année, et l'outil de référence, ici, n'est plus l'astrologie mondiale mais bien la cyclologie traditionnelle. Or il nous apparaît, depuis quelques années, que l'astrologie uranienne, fondée par Alfred Witte et l'École de Hambourg il y a bientôt un siècle, constitue en quelque sorte un pont entre l'astrologie mondiale et la cyclologie traditionnelle, dans la mesure où les très longs cycles des Transneptuniennes relèvent d'une échelle temporelle qui s'intègre dans les cycles bien plus vastes encore de la cyclologie traditionnelle. Certes, la nature de ces Transneptuniennes fait l'objet de discussions et, pour notre part, nous travaillons avec ces « objets » non pas en les considérant comme des corps célestes réellement existants, mais bien plutôt comme des éléments en correspondance avec des Nombres cycliques. Il se trouve, en outre, que les orbites de ces Transneptuniennes se situent dans la zone de la banlieue de notre système solaire correspondant à la Ceinture de Kuiper, zone que les recherches récentes de l'astronomie ont particulièrement mise en valeur durant la dernière décennie, sous les auspices bénéfiques d'un septile Neptune-Pluton prolongé entre 2001 et 2011. Pour nous en tenir à l'étude de la période actuelle, durant le premier tiers du XXIe siècle, nous avons relevé l'existence d'une relation étroite entre le cycle Uranus-Pluton et le cycle Hadès-Kronos . En effet, au cours des années 2012 et 2013 se forme un carré en T comprenant Uranus en Bélier, Pluton en Capricorne et Kronos en Cancer. De 2010 à 2012, Pluton est en opposition exacte à Kronos, et du printemps 2012 au printemps 2013 Uranus est au carré de Kronos, avec lequel Jupiter forme une conjonction le 1er août 2013 à 7°59 Cancer. Mais, de fait, il s'agit d'une quadruplice puisque Hadès se rapproche de sa conjonction avec Kronos, qui s'effectuera en 2030-2031. Ainsi, le carré Uranus-Pluton fonctionne, à cette échelle, comme un transit de « rapides » venant activer une configuration de « lentes » : le cycle Hadès-Kronos remonte, en effet, en 863, une vingtaine d'années après le Traité de Verdun qui est au fondement de l'Europe médiévale et moderne, puisqu'il organise le partage de l'empire de Charlemagne et se trouve ainsi à l'origine des deux puissances continentales que seront la France et l'Allemagne. Le thème de 863 met en jeu un carré en T Saturne-Uranus-Pluton en signes Cardinaux, en dissonance avec Neptune, le tout relié à la conjonction Hadès-Kronos à 8° du Bélier. La configuration du 1er août 2010 présente l'effet déclencheur le plus puissant que l'on puisse imaginer, un effet déclencheur à double détente en quelque sorte : d'une part la conjonction Mars-Saturne à 0° Balance active le carré entre la conjonction Jupiter-Uranus à 0° Bélier et Pluton à 3° du Capricorne ; et le carré Uranus-Pluton active la conjonction Hadès-Kronos en transit au début du Cancer, avec Hadès à 0° Cancer et Pluton au mi-point Hadès/Kronos. Nous avons évoqué, dans un article récent [1], la lourde signification de ce transit de Pluton en relation avec le mi-point Hadès/Kronos qui évolue autour de 0° Cancer entre 2004 et 2012 : Une telle configuration, par sa rareté, marque en profondeur la qualité des temps que traverse l'humanité au début du XXIe siècle de notre ère. Lisons le Regelwerk. Hadès/Kronos=Point Vernal : « les atrocités, les victimes, les sacrifices humains, la grande mort » ; et aussi : « les grands crimes d'un gouvernement ou contre un gouvernement, le complot raté ». Hadès/Kronos=Pluton : « les grandes vilenies en voie de développement, l'augmentation des grands maux » ; et aussi : « l'échec important, étendu ». Remarquons qu'au moment même où éclate, de la manière la plus retentissante, la crise financière, le 15 septembre 2008, Pluton est en opposition exacte à Hadès. Que nous dit le Regelwerk pour Pluton/Hadès=Point Vernal : « les signes de décadence et de dépravation, le déclin général, vivre un effondrement »… Dans une seconde phase (2009-2012), Pluton est opposé à Kronos, tandis que Hadès passe sur le Point Vernal (à 0° Cancer). Ici, la notice du Regelwerk semble plus encourageante pour Pluton/Kronos=Point Vernal : « la collectivité vit une grande transformation ou un grand changement », ce qui permet de supposer que l'on s'achemine, pour tenter de remédier à la crise, vers une refonte et une restructuration des institutions économiques et politiques. Cela n'indique pas pour autant la nature des changements en question. Il convient d'ailleurs de tempérer cette touche timide d'optimisme par l'indication relative à la figure Hadès/Point Vernal (active de 2010 à 2012) : « la pauvreté générale, le malheur général, les misères du temps, les épidémies »… Mais, au-delà de ces analyses qui semblent fort éclairantes au regard de la crise actuelle et de ses probables développements dans les années à venir, l'élément qui nous paraît déterminant dans le témoignage apporté par les Transneptuniennes, c'est le fait de la conjonction Hadès-Kronos en 2031, à 19° du Cancer. Car nous sommes ici précisément à l'interface entre les apports de l'astrologie mondiale et les enseignements de la cyclologie traditionnelle. Avec la conjonction Saturne-Uranus de 2032, qui vient renouveler le cycle - étroitement associé à l'histoire des États-Unis - inauguré en 1988, c'est la zone de 28° Gémeaux qui est activée, sur l'axe en relation avec le Centre Galactique. La conjonction Saturne-Uranus précédente de 1988 se situait sur le pôle opposé du même axe, à 28° Sagittaire. Mais sur ce même axe s'est produit, en 303 av. J.-C., l'avant-dernière conjonction Hadès-Kronos (la dernière étant celle de 863). Et en même temps, la conjonction Hadès-Kronos de 2032 se situe à 19° Cancer, en opposition à la dernière conjonction Uranus-Neptune de 1993, à 19° Capricorne. Ainsi, on peut considérer que les événements qui se sont produits au moment de cette période de 1988-1993 sont sans doute à interpréter - comme les événements qui vont probablement se produire durant la période du carré Uranus-Pluton entre 2008 et 2017 - au regard de la signification que renferme la conjonction Hadès-Kronos de 2031. Dans la phase qui est derrière nous, l'événement majeur a été l'effondrement de l'Union soviétique, que symbolise la chute du Mur de Berlin ; dans la phase qui est juste devant nous, on ne saurait écarter l'éventualité d'un effondrement de l'hyper-puissance américaine que symbolisera la chute de Wall Street - la « rue du mur » [2]. Comme le savent tous ceux qui s'intéressent à la cyclologie traditionnelle - dont les auteurs essentiels sont, outre René Guénon, Gaston Georgel et Raoul Auclair, ainsi que Jean Phaure et Vlaicu Ionescu - l'année 2031 apparaît comme devant marquer le fin de cycles particulièrement importants. Nous en avons traité dans un article intitulé « Cyclologie traditionnelle et fin du Kali-Yuga » [3]. En ces matières, la question la plus importante est de discerner la nature de la fin qui est en cause. Si l'on considère les deux œuvres les plus développées et les plus sérieuses sur cette question, c'est-à-dire l'ensemble des travaux de Gaston Georgel et ceux de Raoul Auclair, nous sommes confrontés à des cycles d'une ampleur très différente. Gaston Georgel, suivant l'orientation générale donnée par René Guénon dans son livre sur les cycles cosmiques [4], interprète la date de 2031 comme devant marquer la fin d'un immense cycle appelé « Manvantara », composé de cinq « Grandes Années » de 12 960 ans [5] et d'une durée totale de 64 800 ans. Nous sommes là en présence de données totalement hors de portée de notre expérience, puisque nous ignorons tout du point de départ de ce cycle - ce qui n'invalide pas pour autant, bien entendu, sa légitimité qui ne dépend en aucune manière des limitations de nos capacités à remonter dans le cours des temps. D'ailleurs, René Guénon précise bien qu'il existe des « barrières temporelles » qu'il n'est pas donné à notre humanité présente de franchir. La même idée est reprise par Raoul Auclair, dont toute la cyclologie se limite volontairement au cadre de ce qu'il nomme « Notre Génération », entendant par là le temps historique qu'il nous est donné d'appréhender et qui est éclairé par la Prophétie qui en délimite d'ailleurs le début et la fin - Prophétie constituée par l'ensemble des textes de l'Écriture Sainte qui ont pour horizon l'Eschatologie, c'est-à-dire les fins dernières de cette Génération. La clef du Mystère du Temps, c'est la Semaine, dont aussi bien l'Ancien que le Nouveau Testament nous apprennent que sa durée est de mille ans : Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d'hier, quand il passe. - Psaume 89 :4 Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, pour le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. - 2 Pierre 3 :8 D'autres Générations ont précédé la nôtre - ce dont témoigne, d'ailleurs le Magnificat, qui proclame : « Toutes les générations me diront bienheureuse » ! Mais le Temps de notre Génération est une semaine de Sept Jours de mille ans, et la fin dans laquelle nous sommes déjà entrés sans que le commencement de ce qui doit venir ne soit encore arrivé, est celle du Sixième Jour. Par ailleurs, Raoul Auclair développe toute son œuvre autour de deux cycles inscrits dans le cadre de cette Semaine, qui sont, d'une part, le Temps des Gentils et d'autre part le Temps des Nations. Le point de départ du Temps des Gentils est donné par la Prophétie de Daniel, interprète du songe du roi de Babylone Nabuchodonosor, daté de 602 av. J.-C., tandis que le point de départ du Temps des Nations est le sacre de Clovis à Reims, à la Noël 496. Les deux cycles s'achèvent en 1917 - année marquée par le triple sceau du Retour des Juifs en Israël (perspective ouverte par la Déclaration Balfour, le 2 novembre), par les apparitions mariales de Fatima et le miracle du soleil (13 octobre), enfin par la Révolution d'Octobre (7 novembre) qui, sous le drapeau rouge de l'Internationale, s'engage dans une lutte finale pour la destruction des Nations. Ce qui s'ouvre en 1917 - et va se clore un Jour plus tard, au terme de 72 ans - c'est ce que Raoul Auclair nomme « le Jour de Yahvé », jour de colère dévastatrice qui s'est abattue sur le monde sous la forme de la « Guerre-Révolution » ; la fin de ce Jour est survenue, symboliquement, avec la chute du Mur de Berlin en 1989, suivie de l'effondrement de l'empire soviétique. Pour autant, on ne saurait dire que le temps des tribulations soit achevé, et nous avons depuis longtemps émis l'idée qu'il fallait ajouter à ce Jour de 72 ans qui s'achève en 1989 un supplément de 42 ans, qui nous conduit à 2031 - point de jonction entre la cyclologie « restreinte » de Raoul Auclair et la cyclologie « étendue » de Gaston Georgel. On peut observer, d'ailleurs, que si l'on remonte de 42 ans en amont de 1989, on tombe sur l'année 1947, dont Raoul Auclair estime qu'elle a constitué un jalon significatif dans l'involution cyclique ; c'est le moment où la révolution prolétarienne chinoise, sous la conduite de Mao Tsé-Toung, s'élance vers la conquête du pouvoir et l'instauration d'une République populaire de Chine qui sera proclamée à Pékin le 1er octobre 1949 - et c'est aussi le véritable début de la Guerre froide entre l'Est et l'Ouest. Mais ces deux phases de 42 ans situées avant et après 1989 trouvent chacune un relais au bout de 21 ans : dans le passé, en 1968, et aujourd'hui avec l'année 2010 - dont tout donne à penser qu'elle sera marquée par des bouleversements d'une ampleur mondiale. La question qui se pose donc, à propos du cycle qui devrait s'achever aux environs de 2031 est de définir la nature de cette fin. Pour Raoul Auclair, la réponse est sans ambiguïté : il ne s'agit en aucun cas de la « fin du monde », mais bien de ce que l'Écriture Sainte nomme, à d'innombrables reprises, sous le terme de « Fin des Temps » - qui sont les temps de la Prophétie ouverte par le songe de Nabuchodonosor. Aussi, toutes les rumeurs qui courent au sujet d'une « fin du monde » en 2012 nous paraissent participer d'un leurre et de ce que René Guénon appelait la « Grande Parodie », à savoir une version inversée et maligne de l'Eschatologie. Il est très intéressant, à cet égard, de suivre les opérations de manipulation des esprits qui s'amplifient, ces derniers temps, autour de la fin du calendrier maya, avec le puissant relais que constitue le film catastrophe 2012 réalisé par Roland Emmerich. Le film est sorti en Belgique le 10 novembre 2012, au moment du premier carré Saturne-Pluton et alors que la conjonction Jupiter-Neptune était affectée par un relais dissonant du carré Soleil-Mercure à Mars. Ce film - qui, à la suite de tremblements de terre et d'éruptions volcaniques, évoque notamment l'engloutissement de Washington, la destruction de Rio de Janeiro et de la statue du Christ Rédempteur, ainsi que l'effondrement du dôme de la Basilique Saint-Pierre à Rome - se réfère explicitement au thème d'une fin du monde en lien avec une prophétie Maya qui annoncerait un cataclysme planétaire pour le solstice d'hiver de 2012. Les supputations autour de cette date se fondent sur le fait qu'un cycle long maya se termine à ce moment-là. Les cycles des Mayas reposent sur une numérotation en base 20, et le cycle actuel, d'une durée de 5127 ans, trouve son origine le 13 août 3114 av. J.-C. Il est intéressant de remarquer que Kronos se trouve, au point de départ comme au point d'arrivée, en transit dans la zone de 0° Cancer ; au cours du long cycle maya, c'est donc le dixième passage de Kronos sur ce point cardinal (la révolution de Kronos est de 521,8 ans). Mais que représente cette durée globale du cycle maya de 5127 ans ? On pourrait la mettre en rapport avec le cycle de la Précession des équinoxes, ainsi qu'avec le cycle de 2520 ans qui est celui du Temps des Gentils. En effet, si l'on multiplie par cinq la durée du cycle maya, on obtient 25 635 ans, qui est du même ordre que la durée principielle (et non astronomique) d'une Année de la Précession. Si l'on prend pour base le cycle de 2520 ans - qui correspond à une Semaine d'années (7 * 360 = 2520) - et qu'on le multiplie par cinq, on obtient 12 600 ans, qui correspond à la Grande Année des Perses et des Grecs, d'une durée principielle de 12 960 ans (soit la moitié d'une Année de la Précession de 25 920 ans). Ainsi, le cycle maya s'inscrit, avec ses particularités propres, dans les cycles majeurs de la plupart des grandes traditions, cycles fondés en définitive sur le phénomène de la précession des équinoxes. Il se trouve, en outre, que la fin du cycle maya tombe dans la brève période - entre 1980 et 2016 - durant laquelle notre système solaire se trouve dans un alignement avec le plan de la Galaxie. Notre confrère astrologue Maurice Lavenant met précisément en rapport cet alignement galactique avec le cycle de la précession des équinoxes. [6] Si le phénomène, d'une telle rareté, se produit de nos jours, cela donne naturellement du poids aux théories d'un bouleversement de grande ampleur ; mais, encore une fois, cela ne signifie pas la « fin du monde », mais bien plutôt, la « fin d'un monde » en termes guénoniens, ou encore, et plus précisément, la « Fin des Temps » selon les interprétations de Raoul Auclair, solidement fondées sur une connaissance et une intelligence approfondies de l'Écriture sainte. Ce dont témoigne au fond, nous semble-t-il, le succès de films catastrophes tels que le 2012 de Roland Emmerich - ainsi que tant d'autres visions d'horreur et d'épouvante qui infectent le psychisme des humains d'une façon bien plus grave encore que les pollutions industrielles ne perturbent les équilibres naturels - c'est d'une conscience eschatologique dévoyée, pendant de cette charité profanée qui s'exhale dans un humanitarisme sentimental. Mais, pour dévoyée qu'elle soit, cette conscience ne peut se défaire du sentiment de l'imminence d'une forme de catastrophe aux dimensions apocalyptiques ; seulement, refusant l'enseignement traditionnel, elle se prive par là-même des espérances et des promesses dont est porteuse l'Eschatologie. Nous assistons alors au déploiement de deux manifestations extrêmes : un orgueil prométhéen qui s'affiche dans la prétention babélienne de dresser contre le ciel des tours de plus en plus élevées, revendiquant une puissance sans limites de la Cité terrestre ; et par ailleurs une délectation morbide dans toutes les manifestations du chaos. L'assaut a été donné, l'année du centenaire de la Révolution française, par la Tour Eiffel. La conception de l'édifice remonte au 6 juin 1884, lorsqu'un ingénieur des entreprises Eiffel, Maurice Kœchlin, dessina un premier croquis représentant un haut pylône de 300 mètres, avec quatre piles incurvées. Le monument fut inauguré le 31 mars 1889 - au moment d'une Nouvelle Lune en carré de Jupiter au début des signes Cardinaux, qui sera transité prochainement par le carré Uranus-Pluton. Ce jour-là, Gustave Eiffel gravit les 1710 marches de la Tour pour planter à son sommet le drapeau tricolore. 1710 marches : nombre qui nous renvoie à la conjonction Uranus-Pluton de l'année 1710, le point originaire du grand cycle de la Révolution (avec l'opposition Uranus-Pluton à 21° Lion-Verseau en 1792) ! Le thème de cette conjonction est d'une densité remarquable. Elle se trouve au trigone de Neptune, de sorte que le mi-point tombe dans l'axe du Centre Galactique (Centre Galactique), et cet axe se situe au carré du mi-point Jupiter/Saturne. En outre, le mi-point de Saturne à la conjonction Uranus-Pluton est également au mi-point Jupiter/Neptune : la triplice Jupiter-Saturne-Neptune est au cœur des thèmes successifs de la France républicaine depuis 1792. Mais sur un plan plus profond et plus secret, on trouve à ce moment originaire de la conjonction Uranus-Pluton de 1710 la quadruplice Uranus-Pluton-Hadès-Kronos qui est la signature fondamentale de 2010. Comme le montre l'œuvre de Vlaicu Ionescu consacrée à l'exégèse des prophéties de Nostradamus [7], il y a cohérence et continuité dans l'histoire de ce qu'il appelle « l'Ère prolétaire », qui unit étroitement les deux révolutions majeures de la France et de la Russie ; et par ailleurs, Raoul Auclair a situé parfaitement la prophétie de Nostradamus dans son rapport à la fin du Cycle des Nations (1557 est à la distance d'un Jour de 360 ans de 1917, date de la clôture du cycle) [8]. Durant quarante ans, de 1889 à 1929, la Tour Eiffel fut l'édifice le plus haut du monde. Mais l'année même où le monde connaissait l'ébranlement de la grande crise, s'éleva à New York un gratte-ciel de 319 m de haut, le Chrysler Building, qui compte 77 étages [9]. Il devait être surpassé, deux ans plus tard, par l'Empire State Building (381 m), mais le Chrysler demeure l'un des symboles de la ville de New York. Le bâtiment, qui a été ouvert au public le 27 mai 1930, appartient aujourd'hui à Abu Dhabi Investment Council. Construit à une époque où la course au bâtiment le plus haut battait son plein parmi les architectes new-yorkais, le Chrysler Building dut sa victoire à l'ajout, au dernier moment, d'une flèche de 30 tonnes en acier inoxydable, qui fut hissée au sommet du gratte-ciel le 23 octobre 1929 - un jour avant le Jeudi Noir, le grand krach de Wall Street ! Durant les prochaines années, le carré Uranus-Pluton transitera le carré en T Saturne-Uranus-Pluton de 1929, dans le deuxième décan des signes Cardinaux : mais il se peut que le film Armageddon, datant de 1998 (3 x 666), où l'on voit s'effondrer la flèche de l'édifice sous une pluie de météorites, ait rempli une fonction d'exorcisme salvateur… Depuis le 4 janvier 2010, c'est le Burj Khalifa de Dubaï, de 828 m de haut, qui est l'édifice le plus élevé de la Terre. Son thème porte la double signature d'une conjonction Jupiter-Neptune et d'un carré Saturne-Pluton en dissonance de Mars au milieu du Lion. Son inauguration fait suite, à quelques semaines près, à la menace de banqueroute qui a failli emporter les rêves démesurés de l'émir el-Maktoub, né en 1949 sous un semi-carré Uranus-Pluton et qui a succédé à son frère, à la tête de l'émirat, le 4 janvier 2006, au moment de l'opposition Saturne-Neptune au double carré d'une opposition Mars-Jupiter. La crise actuelle a entraîné un sérieux coup de frein aux colossaux projets immobiliers de l'émir, mais Dubaï demeure le lieu de rencontre des « rois de la terre » que sont les milliardaires, attirés par le Palm Islands, presqu'île artificielle en forme de palme, The World, archipel artificiel qui reproduit la carte du monde, ou l'hôtel Atlantis, inauguré le 20 novembre 2008, complexe monumental conçu autour du thème de l'Atlantide - une autre signature « apocalyptique » ! Si ces réalisations pharaoniques relèvent d'un orgueil que symbolise la construction de la Tour de Babel, il est un autre type de réalisations « artistiques » qui se nourrissent d'une veine particulièrement glauque et destructrice, d'une sorte de culte de l'informe et du difforme, et dont un des plus flamboyants témoignages, si l'on peut dire, est la Demeure du Chaos érigée dans le malheureux village de Saint-Romain-au-Mont d'Or situé à une dizaine de km au nord de Lyon. L'auteur, Thierry Ehrmann, présente cette réalisation, vivement contestée par la mairie, comme « une œuvre au noir se nourrissant du chaos alchimique de notre XXIe siècle, tragique et somptueux dont les braises naissent le 11 Septembre ». La grandiloquence de ce style à la Salvator Dali ne suffit pas à masquer les relents sulfureux de cette réalisation pour laquelle Thierry Ehrmann envisage « les projets les plus frappadingues » et promet, pour le 20ème anniversaire de cette sinistre demeure en 2019, des « projets d'enfer ». Curieusement, dans l'invitation à fêter, en 2009, le dixième anniversaire, on pouvait retrouver - comme une signature inversée - des Nombres cycliques parmi les plus significatifs : « 1200 reportages de presse écrite et audiovisuelle de 72 pays », 3 123 œuvres d'art réalisées par plus de 70 artistes » [10]. Au fond, on ne saurait mieux témoigner de la nature chaotique de la période du carré Uranus-Pluton que le monde va traverser de 2008 à 2017. Phase accélérée, sans doute, de « dissolution » de toutes les valeurs et de toutes les institutions déjà fortement secouées au moment de la conjonction Uranus-Pluton au milieu des années soixante, avec la révolution culturelle en Chine et les mouvements de contestation répandus à travers le monde depuis la Californie, et qui ont trouvé dans le Mai 68 français leur culmination. Thierry Ehrmann est né sous une triple conjonction Mercure-Mars-Jupiter en opposition à la conjonction Uranus-Pluton en voie de formation, en 1962. Le côté particulièrement « plutonien » de la Demeure du Chaos apparaît dans le thème de son inauguration, le 9 décembre 1999, avec une Vénus en Scorpion, au carré de l'axe des Nœuds lunaires, et au semi-carré du Soleil en conjonction avec Pluton. En outre, cette Vénus est au carré de Neptune en Verseau, où l'on pourrait voir la touche d'une inspiration animée d'un désir de saccage de la beauté et de la forme. Œuvre au noir ? Peut-être. Et c'est peut-être là aussi le sens de cette période chaotique dans laquelle sombre le monde en fin de cycle. Heureux ceux qui, derrière les murailles de Babylone en train de s'écrouler, distinguent dans l'allégresse les murs étincelants de la Cité sainte que décrivent les derniers chapitres de l'Apocalypse de saint Jean ! Charles Ridoux Amfroipret, le 31 janvier 2010 [1] « Investiture d'Obama », 26 janvier 2009. cf. [http://ift.tt/2i4VzlF] [2] Comme le fait remarquer Pierre Jovanovic dans un livre stimulant - et parfois agaçant -, dont le sous-titre annonce deux chutes retentissantes : 777. La chute du Vatican et de Wall Street selon saint Jean, Le jardin des Livres, 2009. [3] « Cyclologie traditionnelle et fin du Kali-Yuga », 18 novembre 2009. cf. http://ift.tt/2dsCKKs [4] GUENON René, Formes traditionnelles et cycles cosmiques,(1e éd.,1970), Gallimard, 1970. [5] Soit la moitié d'une Année de la Précession des équinoxes, d'une durée de 25 920 ans. [6] « Cosmological Cycles and Human Evolution ». cf. http://ift.tt/2hKEgsn. [7] IONESCU Vlaicu, Le Message de Nostradamus sur l'Ere prolétaire, P., Dervy-Livres, 1976. [8] AUCLAIR Raoul, Les Centuries de Nostradamus ou le dixième Livre Sibyllin, Nouvelles Editions Lattines, 1975. [9] Un nombre étrangement en résonance avec le -777,7 - indice de la chute du Dow Jones du 29 septembre 2008. Cf. l'ouvrage cité plus haut de Pierre Jovanovic. [10] http://ift.tt/2i4JZXO - Artículo*: Charles RIDOUX - Más info en psico@mijasnatural.com / 607725547 MENADEL Psicología Clínica y Transpersonal Tradicional (Pneumatología) en Mijas y Fuengirola, MIJAS NATURAL *No suscribimos necesariamente las opiniones o artículos aquí enlazados
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