
”Frithjof Schuon a maintes fois insisté sur le fait que la distinction principale en métaphysique universelle est celle entre Âtmâ et Mâyâ, entre l’Absolu et le Relatif. Comme René Guénon avant lui, il a expliqué comment l’Essence divine ou le «Sur-Être» seule est absolue, et comment l’«Être», la première autodétennination du Sur-Être, fait déjà partie du relatif. Le Sur-Être est Dieu en tant qu’il est «Non-qualifié» ou «Non-conditionné» (Brahma nirguna en sanskrit), l’Être est Dieu en tant qu’il est «qualifié» ou «conditionné» (Brahma saguna). Dieu en tant que « Sur-Être» est le Dieu Supra-personnel; Dieu en tant qu’«Être» est le Dieu personnel (le Créateur, le Sauveur et le Juge). Contrairement au Dieu Supra-personnel (l’Essence divine), le Dieu personnel est l’interlocuteur à qui l’homme peut s’adresser, et qu’il peut prier.
Schuon, suivant la doctrine du Vêdânta, fait remarquer qu’Âtmâ est le «Sur-Être», que la Mâyâ «pure» est l’Être et que la Mâyâ « impure» est l’Existence.
Ce qui nous amène au ternaire classique: Sur-Être, Être, Existence. Le premier est absolu, le second et le troisième sont relatifs. Dieu en tant qu’Être, bien que déjà Mâyâ (le relatif), est cependant le sommet de Mâyâ (ou la Mâyâ «pure»). Ceci étant, Frithjof Schuon a appliqué à l’Être le terme paradoxal d’«Absolu relatif», pour la bonne raison que le Dieu personnel (qui est en même temps Juge et Sauveur) est absolu par rapport à l’homme. Tout métaphysicien qui, intellectuellement, discerne le Sur-Être doit néanmoins, humainement, obéir au Dieu personnel. Comme l’expriment les mots du Christ: «Personne n’arrive au Père (le Sur-Être), si ce n’est par Moi (l’Être) ». Schuon a aussi désigné «l’Être», l’« Absolu relatif», comme «la préfiguration du relatif dans l’Absolu» – et ainsi, précisément, comme le Créateur.
Récapitulons, en d’autres termes: le principe de l’Existence est l’Être, et le principe de
l’Être est le Sur-Être.
En présentant cette notion métaphysique de base, Schuon a suivi avant tout le grand métaphysicien hindou Shankara (c. 788-820 A.D.); mais cette distinction principale est connue
des métaphysiciens de toutes les grandes religions. Dans le christianisme, Maître Eckhart (c.1260-1327), qui aimait les expressions paradoxales (malgré les risques qu’elles comportaient) a dit : « Si j’avais à choisir entre Dieu et la Vérité, je choisirais la Vérité. » Eckhart savait, non seulement que l’Essence divine est la Vérité, mais surtout que «Dieu» dans le sens où il utilise ce terme, est l’Être et par conséquent est relatif, tandis que la «Vérité» – de nouveau dans le sens où il utilise ce terme – est le «Sur-Être» (die Gottheit), et par conséquent absolu.
Dans l’Église orthodoxe, le même discernement fondamental existe et a été exprimé dans sa théologie mystique. Nulle part cela ne se présente plus clairement que dans les écrits de St. Grégoire Palamas (1296-1359). Schuon examine la théologie palamite en détail dans la première édition de son premier livre 2.
La théologie de St. Grégoire Palamas – essentiellement apophatique et antinomique distingue entre «Dieu tel qu’Il est en Lui-même» (kath’eauton) ou l’«Essence divine» (hyparxis) et «Dieu en tant qu’Être» (Ousia) ou les« Énergies divines» (dynameis) – celles-ci étant les attributs incréés ou les puissances grâce auxquels l’Être agit et se fait con naître. Cette distinction correspond exactement à celle entre le «Sur-Être» et l’«Être»dont nous venons de parler ci-dessus.
Dans la langue grecque ordinaire, la signification de ces termes est flottante: ousia est parfois utilisé pour signifier «essence », et hyparxis est parfois utilisé pour signifier «vie», «existence», ou «substance». Cependant en théologie palamite, ousia signifie, non l’Essence divine (l’Absolu), mais l’Être divin (Dieu le Créateur). L’Essence divine, ou le «Sur-Être», d’autre part, kath’ eauton ou hyparxis.
Par conséquent, nous rencontrons dans les écrits de St. Grégoire Palamas, la même distinction métaphysique fondamentale trouvée dans Shankara, Maître Eckhart et Ibn ‘Arabi.
Frithjof Schuon, dans l’un de ses passages les plus brillants, résume les trois manières différentes d’envisager la Trinité: l’ une «verticale » et les deux autres «horizontales».
La «perspective verticale» envisage les trois degrés fondamentaux de la Réalité (le Sur-Être, l’Être et l’Existence); la «perspective horizontale suprême», qui part de l’unité et qui perçoit une trinité en son sein, correspond au ternaire védantin Sat-Chit-Ânanda (<< Être-Conscience-Béatitude» ou «Objet-Sujet-Union»); et la «Perspective horizontale non suprême», qui part d’une trinité et qui y perçoit une unité interne, envisage les trois aspects ou modes fondamentaux de l’Être pur, à savoir, l’Être, la Sagesse et la Volonté. Cette dernière est la Trinité chrétienne (le Père, le Fils et le Saint-Esprit), telle qu’elle est conçue par la théologie «ordinaire», c’est-à- dire la théologie non-métaphysique et non-mystique”
LE PALAMITISME DE VLADIMIR LOSSKY
À LA LUMIÈRE DE FRITHJOF SCHUON
WILLIAM STODDART
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